La rentrée digitale des entreprises s'ouvre sur l'évidence que l'IA générative est passée du statut de promesse à celui d'outil stratégique incontournable. Son adoption s'accélère dans tous les secteurs, de l'industrie à la santé, avec des bénéfices concrets : gain de temps, amélioration de la qualité des livrables, optimisation des processus internes, et augmentation du retour sur investissement. Mais derrière cet engouement se dessine une réalité plus nuancée car les gains dépendent du degré de maturité des organisations, de la qualité des données et de la formation des équipes.
Selon McKinsey (juillet 2025), plus de 72 % des entreprises mondiales utilisent désormais l'IA générative dans au moins une fonction métier, contre 55 % en 2024. Les cas d'usage les plus fréquents sont la génération de contenus marketing, l'assistance au support client et l'analyse prédictive. Les secteurs B2B industriels ne sont pas en reste. Dans la fabrication et l'ingénierie, 41 % des entreprises déclarent déjà utiliser l'IA générative pour optimiser la conception et réduire les délais de mise sur le marché.
Les projections de la Commission européenne indiquent que l'IA générative pourrait contribuer à une augmentation moyenne de 1 % par an de la productivité sur une période de cinq ans. Si ce chiffre peut paraître modeste face aux promesses souvent avancées, il représente en réalité un impact significatif à l'échelle macroéconomique, surtout dans un contexte où la croissance annuelle de la productivité dans l'UE se situe historiquement entre 0,5 % et 1,5 %.
Cette progression potentielle repose toutefois sur deux conditions majeures :
Parmi les pays les plus dynamiques, l'Allemagne et la France se distinguent nettement.
Ces exemples démontrent que l'Europe dispose déjà d'atouts industriels majeurs pour exploiter l'IA générative. Mais sans stratégie coordonnée entre innovation, réglementation et formation, le risque est de voir ces avancées rester cantonnées à quelques leaders, au lieu de se diffuser à l'ensemble du tissu économique.
Aux États-Unis, l'IA générative est déjà pleinement intégrée dans les stratégies de marketing, de R&D et de gestion des opérations. Selon EY (juin 2025), les investissements en capital-risque dédiés à l'IA ont atteint 49,2 milliards de dollars au premier semestre 2025, soit plus que le total cumulé sur l'ensemble de l'année 2024. Cette croissance fulgurante témoigne d'une confiance accrue des investisseurs dans la viabilité et la rentabilité à court terme des solutions IA.
Cette avance américaine repose sur plusieurs facteurs :
Un exemple marquant est celui du secteur aéronautique américain, où la génération automatisée de documentation technique et de manuels d'entretien a permis de réduire de 35 % les délais de mise à jour réglementaire, tout en améliorant la conformité auprès de la Federal Aviation Administration (FAA).
La Suisse adopte une approche plus ciblée et spécialisée de l'IA générative, misant sur ses domaines d'excellence : recherche médicale, fintech et industrie horlogère. Les Écoles polytechniques fédérales de Lausanne (EPFL) et de Zurich (ETH Zurich) ont annoncé en mai 2025 le développement d'un modèle d'IA générative national, hébergé et entraîné sur le supercalculateur Alps, l'un des plus puissants d'Europe.
Cette stratégie répond à deux objectifs :
Dans l'horlogerie, certaines manufactures exploitent déjà l'IA générative pour créer des designs complexes de cadrans et de mouvements, en combinant innovation esthétique et contraintes techniques. Cette intégration technologique permet de réduire les cycles de conception et de tester virtuellement la faisabilité avant tout prototypage physique.
D'après une enquête du Laboratoire d'Idées pour les PME - ETI, en février 2025, 31% des TPE et PME françaises utilisent l'IA générative, contre seulement 3% un an plus tôt. Cette croissance rapide montre l'intérêt croissant pour ces technologies.
Au-delà des entreprises, 86% des Français déclarent connaître l'IA générative, une progression par rapport à 78% en 2024, avec un pic d'usage chez les moins de 35 ans (91%). D'après BDM en avril 2025.
Cependant, selon dfm, cette adoption reste majoritairement expérimentale et informelle. D'après une enquête, seuls 11% des PME nationales ont un usage avancé de l'IA et à peine une sur deux a investi dans un outil payant, un contraste net avec la moyenne mondiale de 72%
Au Sommet pour l'action sur l'IA (février 2025), le président Emmanuel Macron a annoncé 109 milliards d'euros d'investissements destinés à soutenir l'IA, incluant Energy-supercalculateur, data centers et centres de formation. Cette initiative s'inscrit dans une stratégie nationale qui vise formation massive (passage de 40 000 à 100 000 data scientists formés par an), souveraineté technologique et attractivité du territoire pour des infrastructures de pointe.
Le tissu entrepreneurial se densifie : en 2025, 597 start-ups IA sont recensées en France (+80% en un an), dont 44 spécialisées dans l'IA générative. Ces structures couvrent des domaines variés (industrie, santé, marketing, services publics, etc.), avec une forte concentration en Île-de-France.
Des initiatives concrètes montrent l'impact de l'IA générative dans les secteurs services et RH.
Par exemple, Forvis Mazars forme ses 5 000 employés à Copilot et a développé son propre assistant, MAIA, pour automatiser la synthèse de documents réglementaires. Une simple économie de 30 minutes par mois par employé suffit à rentabiliser ces licences.
Par ailleurs, des écoles comme aivancity (Villejuif, Nice) se développent pour former massivement aux métiers de l'IA et de la data, en intégrant dans leurs cursus les dimensions technologique, managériale et éthique
L'IA générative s'impose comme un levier stratégique mondial, avec des résultats tangibles sur la productivité, la qualité et la vitesse d'exécution. Des États-Unis, où l'adoption est rapide et soutenue par des investissements records, à la Suisse, qui privilégie la précision et la souveraineté technologique, en passant par l'Union européenne et la France, qui investissent pour rattraper leur retard, la tendance de l'IA générative redéfinit les règles du jeu dans tous les secteurs.
Les chiffres sont parlants, jusqu'à 30 % de gains de productivité, un ROI moyen multiplié par 3,7 et des délais de développement réduits de plusieurs semaines dans l'industrie. Mais derrière ces succès se cachent des conditions indispensables : une gouvernance claire, une formation adaptée et une gestion rigoureuse des données. Sans ces piliers, l'adoption peut se traduire par des risques accrus ou des bénéfices limités.
Pour les entreprises industrielles, l'IA générative est devenue une composante durable de leur stratégie devenant un véritable avantage concurrentiel.
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Patrick BERTHET - Expert Web